Poincaré: de la bière artisanale à Chinatown

Chinatown, Montréal. Un quartier réputé pour ses mets asiatiques, souvent délicieux et peu dispendieux. Mais un vrai désert pour les amateurs de bières de micro et autres vins coquins.

Cependant, un nouveau joueur devrait bientôt faire bouger les lignes dans le quartier. Quatre passionnés de bonne bouffe et de bon boire se sont décidés à animer ce tronçon du boulevard Saint-Laurent dès la fin du mois du mois de juillet. Veuillez saluer le Poincaré.

Universalisme épicurien

Ce nouveau bar arbore fièrement le nom du célèbre mathématicien/physicien/philosophe Français, Henri Poincaré, dont certains travaux ont servi de base de travail au développement de la théorie de la relativité d’Einstein.

Mais ce choix réside surtout dans le caractère universaliste du personnage, convaincu que la vulgarisation (dans le bon sens du terme) pourra amener encore plus de gens à apprécier et à s’intéresser à la science.

Rendre accessible des bons produits, autant dans l’assiette que dans le verre, voilà la mission du Poincaré.

Lumineux Poincaré

À l’origine de ce projet on retrouve quatre individus : Samuel Provost (Dieu du Ciel!), Hugo Jacques (Isle de Garde, Vices & Versa, Godspeed), Francis B. Melançon (St-Bock, Pit Caribou) et Jeremiah Bullied (Sala Rossa, Sparrow).

Leur projet est simple : un bar proposant à la fois des bonnes boissons (bières, vins, cocktails) et des plats aux ingrédients frais et de saison. Le tout calqué sur la grille tarifaire du quartier (vins de qualité et cocktails « simples » à prix abordables).

Et le lieu alors ? Situé au deuxième étage d’un bâtiment à deux pas de l’arche nord du quartier chinois, on est accueilli par un lumineux présentoir, puis c’est le comptoir qui vous accompagne en ondulant à travers la lumineuse pièce de 80 places.

Ajoutons à cela que dans les mois à venir, la place vise l’autosuffisance au niveau de certains ingrédients en installant notamment une petite serre sur le toit. Enfin, un projet de terrasse sur le toit est également dans les cartons et ça, ça fait briller les yeux

Fraîcheur, saisonnalité et vins délicats

Au niveau des plats, une carte ne contenant que du frais et du local concoctée par le chef Jeremiah – un amoureux de la lacto-fermentation. La majorité des légumes sont finement sélectionnés auprès de producteurs situés à proximité de Montréal, de saison et peu transformés.

Si vous trouvez des asperges en hiver sur le menu, c’est qu’elles ont été conservées tout ce temps avec des procédés de fermentation permettant de garder toutes les propriétés du légume frais. Jamais de congelé au Poincaré

Peu après son ouverture, le bistrot prévoit de servir des lunchs dès le milieu de la semaine, et travaillant à deux pas de ce nouveau lieu, je peux me permettre de dire « pour mon plus grand plaisir ».

Pour accompagner vos plats (ça marche aussi dans l’autre sens remarque), vous trouverez une belle liste de vins au verre ou à la bouteille, naturels ou en biodynamie (ou les deux), du Québec ou importation privé. Et pour plus de plaisir, le cellier dispose de 3 niveaux de température.

Si vous êtes plutôt dans un mood cocktail, pas de souci la gang a pensé à vous. Ici on ne cherche pas à jouer dans la même cour que les voisins du Mal Nécessaire. La volonté est de proposer des cocktails « simples » mettant en vedette les alcools de distilleries québécoises.

Et la bière dans tout ça me direz-vous, car c’est pas mal la thématique principale du blog non ? On y vient tout de suite et si vous capotez déjà sur le projet, ce dernier paragraphe va vous ravir.

Bières et tradition

Commençons par un peu de technique. 12 lignes de service, une pompe manuelle Angram pour le service des bières en cask et trois températures de service pour encore plus de bonheur. 12 lignes ça veut aussi dire un beau taux de roulement et donc des bières toujours bien fraîches.

Là où on passe au niveau supérieur, au propre comme au figuré, c’est que le service se fait en gravité naturelle. La chambre froide se situant à l’étage, c’est la loi universelle de Newton qui se charge d’acheminer la bière à travers les lignes de service.

Cette méthode permet de limiter l’ajout de gaz lors de la phase de service, ayant pour effet de proposer des bières au plus proche de leur état de brassage. Et si je ne me trompe pas, c’est unique à Montréal.

Le robinet, le contenant et la méthode de service tachera de respecter au mieux le type de bière. Par exemple, une Kolsch vous sera servie dans un verre de 20cl et tant que vous ne déposerez pas le sous-bock sur votre verre, le/la serveur/veuse vous le remplira à un prix toujours plus bas que le premier verre, comme à Cologne. Un refil de Lager.

Les amoureux de cidre apprécieront déguster leur jus de pomme fermenté dans une bolée bretonne, les pils tchèques seront servies en slow-pour, les bitter anglaises en cask manuel etc etc. Bref, comme pour la nourriture, chez Poincaré, on ne déconne pas avec la bière.

Au niveau des brasseries invitées, on retrouvera des gros joueurs québécois comme Dieu du Ciel!, l’Isle de Garde, la Tête d’Allumette, Auval, Pit Caribou et bien d’autres. Certaines brasseries (très réputées) d’outre-Atlantique seront aussi parfois au menu, mais je n’en dirai pas plus.

Rarement un bar encore en développement a su piquer ma curiosité et générer un tel sentiment d’impatience. Samuel m’a présenté son projet avec franchise et passion, deux noms qui vont si bien ensemble.

Et maintenant que la bonne parole est répandue, il ne reste plus qu’à rompre le pain, et c’est pour dans pas longtemps au 1071 boulevard Saint-Laurent (Montréal).

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