Brown Ale – 4 québecoises à l’essai

Chose promise chose due ! Après un article « théorique » la semaine dernière présentant l’histoire, les différentes interprétations et la palette de saveurs qui caractérisent les Brown Ales, place aux travaux pratiques.

Je vous avais promis 5 bières au banc d’essai, il n’y en aura finalement que 4 – une des candidates ayant eu un petit souci d’infection. Et comme vous pourrez le remarquer, j’ai fait le choix de proposer des bières régulièrement disponibles, que cela soit à la pression ou bien chez votre dépanneur favori.

  • À la Fût – La Rousse Rustre (4.8%) :

 

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Œil
: Carbonatation moyenne, corps brun plutôt clair chapeauté d’une mousse moyenne et peu persistante.

Nez : Le nez rappelle vraiment beaucoup les bitter anglaises avec notamment ces arômes typiques de caramel, de pain frais et de grain torréfié.

Bouche : L’attaque se fait sur le penchant torréfié des céréales puis on évolue rapidement vers le caramel sec pour terminer sur une fin toastée et légèrement douce.

Appréciation : On a vraiment affaire à une Brown Ale anglaise fidèle au genre. Impossible de ne pas penser à une Newcastle dès les premières gorgées de cette bière de Mauricie, mais là où elle se démarque de sa grand-mère (on parle plus de la Mauricie là) c’est qu’elle ne traîne absolument pas ce goût métallique qui caractérise l’anglaise. Une bonne bière qui comblera autant les amoureux des Red Ales que ceux accrocs aux Bitters et autres ESB.

 

  • Benelux – Armada (6.2%) :

 

 
Œil
: La mousse disparaît instantanément une fois la bière servie pour laisser un beau col de couleur crème. Le corps présente une belle couleur rappelant le café clair ou l’amaretto.

Nez : Si on distingue principalement les malts torréfiés et caramélisés, ainsi que des notes de pain frais, on est surpris par les touches liquoreuse qui peuvent faire penser à de l’alcool de noix.

Bouche : Les bulles sont fines et l’attaque se fait sur le malt bien grillé. La dégustation évolue ensuite vers un caractère plus alcooleux et les fruits à coque et on retrouve encore une fois cette impression de liqueur de noix et de châtaignes.

Verdict : Une (Texas) Brown Ale vraiment atypique avec son amertume légère (qui n’est pas sans rappeler les bitter anglaises), son corps léger et cette fausse impression de liqueur de fruits secs à coque. Elle dénote dans le style et rien que pour cela elle vaut la peine d’être essayée. Une de mes favorites en brouepub.

 

  • Sutton Brouërie – Brune Alpine (6.2%) :

 

brune_alpineŒil : Belle mousse blanc cassé plutôt éphémère recouvrant un corps trouble d’une belle couleur rappelant les dattes.

Nez : On distingue en premier les arômes très particuliers des levures sauvages, avant d’être surpris par des notes rappelant les épines de pin fraîchement écrasées. S’en suivent des belles odeurs de grains torréfiés et de chocolat noir sec.

Bouche : L’attaque se fait à nouveau sur les levures sauvages, puis le caractère torréfié et chocolaté prend le dessus avant de laisser la place aux houblons légèrement résineux (encore cette impression d’épines de pin) et herbacés (herbe fraîche).

Appréciation : Cette bière est plutôt unique dans le genre, ne serait-ce que pour la présence de levures sauvages. Elle se distingue aussi par son corps plutôt épais pour le style et sa densité qui fait un peu penser à un Porter. Les arômes rappelant le sapin sont vraiment agréables autant en nez qu’en bouche et font un peu penser à leur Porter Iroquois. OVNI dans le genre.

 

  • Dieu du Ciel! – Castelnau (4.1%) :

 

ddc_castelnauŒil : Belle couleur caramel sombre, le col de mousse ne monte pas haut mais se montre plutôt dense et persistant.

Nez : Ça sent bon la noix bien grasse et les belles notes de malt caramélisé. On distingue des effluves rappelant les houblons anglais à la fois terreux et résineux.

Bouche : Les fines bulles sont accompagnées par des arômes de noix et de noisettes qui recouvrent la langue d’un voile presque gras, sans jamais être lourd. Le retour est plutôt sec avec très peu de sucre résiduel, on distingue des éclats torréfiés et (très) subtilement fumés et la dégustation se termine sur une amertume légèrement résineuse

Appréciation : Son côté résineux mis à part, cette Castelnau se montre plutôt « by the book« , ce qui n’est pas du tout une critique. Ce qui me choque (positivement) et qui me plaît tant dans cette bière c’est ce surprenant caractère minéral qui, associé à toutes les saveurs évoquées précédemment, rappelle un peu l’odeur de terre mouillée après une courte averse. Son côté « sous-bois en automne » est tout simplement superbe. À quand en Momentum ?

 

Difficile de s’arrêter à 4 bières quand on connaît tout le choix disponible autant sur tablettes qu’en brouepub, cependant, je dois reconnaître que les trois dernières bières de cet article font clairement partie de mes favorites dans le genre.

Dernier aveu, je regrette de ne pas avoir pris plus de notes lors de mon dernier passage à l’Isle de Garde car j’aurais vraiment aimé placer leur English Brown Ale dans cet article tellement cette bière est une réussite dans le genre. Peut-être dans un prochain article !

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