Benelux – une chronique, des Chroniques (2/3)

L’article de présentation sur la brasserie ayant été plutôt long, je me suis dit que cette fois encore il était judicieux de séparer la partie présentation de la partie dégustation. Cette semaine, on complète la chronique sur Benelux en testant deux Chroniques – les deux premières bouteilles sorties de la Brasserie du Canal cette année.

Vous retrouverez la semaine prochaine une troisième partie encore consacrée à la dégustation de deux autres produits de la brasserie, dont un est une petite surprise.

Benelux – Chronique de Mars (7.5%) :

 

Œil : Pour répondre à un défunt génie musical « There is life on Mars » ! La mousse, plutôt aérienne, est bien présente lors du versement et il lui faut bien quelques secondes pour s’assagir. Cette activité, autant dans la bière qu’au niveau du col de mousse, rappelle étonnamment un champagne ou un mousseux. Cette pétillante activité protège un beau corps lumineux de couleur pêche légèrement troublé.

Nez : A l’image des bulles, il y a quelque chose qui fait penser au vin blanc mousseux dans les premières notes. On décèle ensuite de jolies effluves de fruits jaunes accompagnées par des éclats rappelant le fruit de la passion ainsi qu’une légère acidité boisée. Les levures sauvages sont également là avec leur côté « foin » – mais se montrent plus discrètes que lors de ma première dégustation en mars dernier.

Bouche : Les bulles très fines qui chatouillent la langue et les premières notes qui rappellent les levures champenoises (moût de vin blanc sec) viennent renforcer cette impression de champagne évoquée depuis le départ.

Le fruité qui prenait auparavant beaucoup de place se montre plus discret. La place est désormais occupée par le caractère fermier typique aux levures sauvages et complété par de belles notes de bois mouillé et une acidité moyenne et sèche.

Si le côté saison était un peu discret au départ c’est bien lui qui clôture la dégustation avec un léger retour citronné et poivré vraiment pas désagréable.

Appréciation : Cet assemblage de saison mi-sûre et de pale ale vieillie avec des bretts en fûts de chêne a définitivement évolué depuis sa sortie au printemps dernier. On a désormais affaire à un produit beaucoup plus sec, plus rustique, plus boisé, plus sauvage mais toujours aussi complexe et balancé – ce qui est beau.

Plutôt dominants en mars, les arômes très fruités (rappelant pamplemousse blanc) amenés par le dryhop au Galaxy sont relégués au second plan et on se rapprocherait presque d’un bière rappelant les wild ales belges à la Alvinne. Une très belle évolution en six mois et qui me fait regretter de ne pas avoir sauvé une bouteille supplémentaire pour fêter son premier anniversaire.

 

Benelux – Chronique de Mai (6.6%) :

 

Œil : Belle couleur abricot légèrement trouble, elle se montre un peu moins lumineuse que sa sœur de mars. Elle présente également un tempérament moins sanguin avec un col de mousse fin mais qui tient assez longtemps.

Nez : Belle explosion très fruitée dans laquelle on distingue immédiatement de belles odeurs de pêches fraîches et des éclats qui ne sont pas sans rappeler l’ananas. On retrouve aussi les arômes caractéristiques des bretts qui se montrent toutefois moins puissants que lors de la dégustation précédente.  On termine sur de fines et pétillantes notes de blé suri presque citronné.

Bouche : Les bulles bien fines déposent sur la langue un bon goût de nectarines bien juteuses avant de laisser la place aux notes si caractéristiques de la Berliner Weiss : acidité lactique, blé et piquant citronné.

On termine la dégustation sur les levures sauvages qui mettent en avant leur côté fermier et encore cette touche rappelant le moût de vin blanc déjà identifié dans la Chronique de Mars.

Appréciation : Cet assemblage de Berliner Weiss, de Witbier et de bière aux nectarines fraîches se montre beaucoup plus fruité, moins sec et moins sauvage que sa grande sœur. Si cette dernière annonçait la fin de l’hiver, la Chronique de Mai traduit fièrement l’arrivée de l’été avec son beau côté fruité bien juteux qui se complète parfaitement bien avec les éclats lactiques et la touche sauvage finale.

La forte présence de blé me laisse penser que cette bière n’a peut-être pas le même potentiel de garde que celle de Mars et reste à consommer avant la fin de l’hiver, ce qui vous laisse encore pas mal de temps pour en trouver et l’apprécier pleinement !

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